Le Conseil Ministériel (CM25) de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) se tient actuellement à Brême, en Allemagne, afin de déterminer les orientations stratégiques et budgétaires pour les années à venir.
Ainsi tous les 3 ans, les 23 états membres de l’ESA revoient « la feuille de route européenne spatiale » rendant la visibilité à long terme des industriels incertaine.
Voilà en substance l’objectif et la seule ambition de l’Europe spatiale aujourd’hui :
- Gérer des budgets faméliques, au vu de ceux accordés dans le reste du monde,
- Décider des programmes tenant en compte des intérêts nationaux au dépend de la compétitivité,
- Mettre en concurrence les industriels européens pour espérer rentrer dans les enveloppes budgétaires.
L’Europe a conscience de l’enjeu de l’espace mais manque de vision globale pour une industrie spatiale européenne forte, seule garantie à long terme pour sa souveraineté, civile et de défense, et sa compétitivité pour son développement sur le marché commercial mondial.
FO sera très attentive aux décisions prises à ce CM25 car elles auront un impact direct, au-delà des défis technologiques qui seront une nouvelle fois à relever par l’ensemble des salariés, sur l’avenir de notre entreprise et, par conséquent, sur nos emplois dans le futur à moyen et long terme.
FO AGS défend l’idée que, face aux concurrents mondiaux, l’Europe doit maintenant avoir une vision globale en développant une industrie intégrée, pourquoi pas en y incluant de nouveaux acteurs, pour toutes ses activités spatiales (Lanceurs, Satellites, Applications), tant pour le marché civil que la défense.
Selon nous, seule cette vision et les décisions allant dans ce sens pourront garantir la pérennité de la souveraineté Européenne et lui permettre de retrouver, soyons ambitieux, son leadership d’antan…
UNE INDUSTRIE HISTORIQUE FACE AU NEW SPACE
L’industrie spatiale a été bouleversée par des acteurs comme Space X et de nombreuses nouvelles entreprises qui souhaitent leur part du marché.
S’il est indéniable que tous les acteurs du New Space peuvent amener des solutions technologiques de rupture, il reste également certain que les acteurs historiques ont du savoir-faire, de l’expérience et des compétences rares.
D’ailleurs, nous pouvons déjà constater que certains de ces acteurs sont en difficulté économique, même si d’autres parviennent à lever des fonds privés et entendre à demi-mot parler de rationalisation du secteur.
Ainsi, nous pensons qu’ArianeGroup a fait un bon choix en créant sa filiale Maia Space (à 100%) afin de développer des briques technologiques sur la base d’un petit lanceur pour son futur gros lanceur (Ariane 6 next) : car la finalité est bien là !
Cependant, l’« European Launcher Challenge » sur les petits lanceurs, décidé par l’ESA, risque surtout de disperser les budgets de développement et mettre en difficulté l’ensemble des entreprises concernées, tant les historiques que les « start up » ou les « spin off ».
À un moment où l’Europe devrait être solidaire pour faire valoir l’intérêt général, ce challenge est la contrepartie obtenue par l’état allemand en retour à l’aide à l’exploitation d’Ariane 6.
Et que dire de l’Italie qui a obtenu le Vexit d’Arianespace pour gagner son indépendance de lancement de sa famille VEGA.
Les 3 leaders et principaux contributeurs européens du secteur spatial, la France, l’Italie et l’Allemagne, se déchirent autour du leadership car l’espace est devenu un marché porteur et d’avenir hautement stratégique, et un levier de développement économique majeur.
Nous notons toutefois un très bon signe avec la décision récente de regrouper les activités satellites d’Airbus, de Thales et de Léonardo (projet Bromo) qui doit être, pour nous, une première étape. Elle va dans le bon sens, mais pour garder leur souveraineté, la France et l’Europe doivent maintenant sécuriser leur capacité à mettre en orbite les différents projets portés par cette future entreprise de façon autonome. Cela ne peut se faire que grâce à des lanceurs développés et produits en Europe.
POUR FO, IL SERAIT TEMPS DE LANCER UN VERITABLE PROJET EUROPÉEN POUR CONSTRUIRE UN GÉANT DU SPATIAL !
POSITION FO
Pour FO ArianeGroup SAS, l’Europe est à la croisée des chemins.
Elle doit maintenant choisir la bonne feuille de route avec une vision à long terme pour pérenniser et développer ses activités spatiales dans une compétition mondiale qui n’a jamais été aussi forte.
Nous ne le répéterons jamais assez ; le niveau social des salariés dépend intimement de la santé de leur entreprise.
Mais le contraire est également vrai ; il n’existe pas de politique industrielle fiable sans politique sociale pertinente !



