Le Sénat veut ajouter 14 milliards d’euros à la Loi de programmation militaire actualisée présentée par le gouvernement, afin de renforcer les commandes de Rafale, de frégates FDI et de doubler la flotte de lance-roquettes multiples.
14 milliards supplémentaires pour les armées
Dans un rapport voté le mercredi 27 mai par la commission de la défense, les sénateurs proposent une hausse importante du budget militaire afin d’éviter ce qu’ils qualifient de « décrochage » des armées françaises.
Le gouvernement prévoyait déjà un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros dans la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, portant le budget total des armées de 400 à 436 milliards d’euros.
Mais pour le président de la commission de la défense du Sénat, Cédric Perrin, cet effort reste insuffisant.
« Un effort réel, mais insuffisant pour éviter le décrochage »
Le Sénat souhaite donc ajouter 14 milliards d’euros supplémentaires. Cela ferait passer les hausses annuelles du budget à 6,7 milliards d’euros et porterait le budget de défense de 2030 à 83,9 milliards d’euros.
Plus de Rafale et de frégates
Les sénateurs souhaitent relancer plusieurs commandes abandonnées faute de crédits suffisants.
- 20 Rafale supplémentaires pour l’armée de l’air
- 10 Rafale Marine supplémentaires
- 3 frégates FDI supplémentaires
L’objectif serait de faire passer le format de l’aviation de combat de 225 à 255 Rafale d’ici 2035.
La Marine nationale disposerait quant à elle de 18 navires de premier rang au lieu de 15 à l’horizon 2035.
Doublement des lance-roquettes multiples
Le Sénat veut également renforcer les capacités de l’armée de terre en matière de lance-roquettes multiples.
L’actualisation actuelle prévoit entre 13 et 26 systèmes en 2030, puis 26 systèmes en 2035.
Les sénateurs souhaitent fixer un objectif de :
- 26 systèmes dès 2030
- 52 systèmes en 2035
Ils insistent également pour que le futur système soit de « conception souveraine », face notamment à l’offre américaine Himars de Lockheed Martin.
Relance du drone de combat associé au Rafale
Le rapport prévoit aussi de financer le développement du drone de combat associé au futur standard F5 du Rafale.
Ce programme avait été stoppé faute de moyens financiers.
Le Sénat souhaite également accélérer le projet de drone sous-marin de grande capacité (programme UCUV), avec :
- une première capacité opérationnelle en 2030
- une production de série en 2035
Naval Group teste déjà depuis 2021 un prototype de drone sous-marin à Toulon.
Des missiles balistiques conventionnels français
Les 14 milliards supplémentaires permettraient aussi de financer une famille de missiles balistiques conventionnels français.
Le Sénat recommande de concentrer d’abord les efforts sur :
- des missiles balistiques de 1 000 km de portée
- des missiles aérobalistiques lancés depuis des avions
Les sénateurs évoquent également une version pouvant atteindre 2 500 km de portée grâce à un planeur hypersonique de type VMAX, même si cette solution est jugée coûteuse et encore peu mature.
Des tensions possibles avec le gouvernement
Ces propositions pourraient être mal accueillies par l’exécutif, traditionnellement réticent à voir le Parlement intervenir dans les choix capacitaires militaires.
Le Sénat appelle malgré tout à lancer dès 2027 les travaux d’un nouveau Livre Blanc sur la défense afin de préparer une future Loi de programmation militaire plus ambitieuse.


